Discours de Ben Marc Diendéré – rencontre annuelle du Conseil des arts de Montréal le 15 septembre 2021

Date

1 septembre 2021

Sujet

Le Conseil

Type

Nouvelles

Mesdames, Messieurs,

Plusieurs personnes ont salué ma nomination à la présidence du Conseil des arts de Montréal. En plus de me toucher, vos gestes d’amitié et d’appui alimentent mon optimisme de toujours. C’est un honneur pour moi de poursuivre l’excellent travail de ce conseil d’administration solide et expérimenté. Je m’y joins dans un élan rassembleur, dans la perspective que le monde est à faire et qu’il attend mes couleurs, nos couleurs.

D’aussi loin que je me souvienne, l’art m’a donné des ailes et a nourri mon quotidien, du centre culturel qui a rythmé ma jeunesse au Burkina Faso jusqu’à mon implication active pour la richesse culturelle qui fait toute la signature de Montréal.

Je suis hautement déterminé à renforcer des liens entre artistes, mécènes et milieux d’affaires pour pérenniser la place centrale des arts et de la culture dans notre vie montréalaise.

Jan-Fryderyk Pleszczynski a fait un travail remarquable en tant que président au cours des huit dernières années. Je reprends le flambeau au sein d’un Conseil des arts de Montréal innovant et toujours en évolution. À travers les crises, les transitions se révèlent encore plus délicates et démontrent la bonne gouvernance d’une organisation. J’aime l’idée d’une transition paisible. Je compte poursuivre l’œuvre de Jan-Fryderyk Pleszczynski et participer à pérenniser les organisations culturelles, au bénéfice de cette ville.

Récemment, la chroniqueuse culturelle Odile Tremblay a écrit ceci devant les « fragiles accalmies » que nous vivons : « L’art, maillon fragile d’un écosystème planétaire déboussolé, peut reprendre à son compte la devise de la ville de Paris : “fluctuat nec mergitur”, battu par les flots sans couler pour autant. » J’aimerais y arrimer la devise de Montréal : « Le salut par la concorde ».

Voilà comment je me sens à l’aube de mon mandat, en pleine pandémie, avec tous ses impacts sur nos vies. Choyé par l’accueil que m’ont réservé toute la communauté artistique, la mairesse de Montréal, Mme Valérie Plante, mes collègues au conseil d’administration et le personnel du Conseil des arts de Montréal, je prends position en tant que fier représentant de la diversité culturelle à la présidence du Conseil des arts de Montréal. Je pense que notre organisation vit un moment significatif, à l’instar du Conseil des arts du Canada, qui a à sa tête un représentant des Premières Nations. On avance. Que toutes et tous scintillent, le monde n’en sera que meilleur.

J’ai eu la chance d’être mis en contact avec la culture dès mon jeune âge. Cet amour pour toutes les formes d’arts s’est renouvelé au fil des années. Le milieu culturel a aussi été l’écrin de mon premier défi professionnel en territoire montréalais. J’ai commencé mon parcours à la SODEC, ce qui m’a permis de connaître une multitude d’organisations culturelles et de projets en développement. J’ai pu y mettre à profit mes compétences en communication et en recherche. Pour le jeune immigrant que j’étais, c’était un terrain de jeux pour découvrir la musique d’ici, la littérature québécoise, le cinéma et plusieurs autres disciplines artistiques.

Mon implication pour la culture se poursuit depuis, notamment au conseil d’administration où j’ai siégé plusieurs années, notamment à titre de président du comité des communications. Je peux donc témoigner des compétences sensationnelles des personnes qui y siègent. À toutes les présidentes et tous les présidents de comités, merci de votre inestimable soutien.

J’ose croire que je pourrai être un porte-voix pour les artistes afin d’amener de nouvelles narrations, de nouvelles discussions. Le monde est vraiment à refaire, en ce moment, mais on ne doit pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Nous devons renforcer nos références. Nous aurons besoin de tout le monde pour mener encore plus loin le Conseil des arts de Montréal. Parmi les sujets chauds, nous devons repenser l’écoresponsabilité face à la crise climatique. Avec les autres conseils des arts, nous continuerons à accompagner les artistes dans cette voie. Vous le savez, au Conseil, l’écoute bienveillante demeure au cœur des préoccupations afin que les artistes se sentent entendu·e·s et respecté·e·s. Nous allons donc naturellement progresser à travers une approche toujours plus inclusive.

Comme le veut l’expression québécoise « où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir », parlons donc philanthropie… c’est mon dada ! C’est ce que je sais faire, ce que j’apporte à la culture par les grandes entreprises pour lesquelles je travaille.

Je vous avertis, je prendrai mon rôle de catalyseur de réseaux très au sérieux ! Les chevaleresses et chevaliers de la philanthropie est un club très optimiste et très ouvert aux membres ! Nous souhaitons aider les artistes à avoir les moyens de leurs ambitions, avec le soutien financier de l’État et de la société civile. Le Québec se construit grâce à l’apport économique et social de plus de 90 % de PME dynamiques. Le monde de la culture ira chercher leur appui et je suis convaincu qu’elles nous attendent. Nous comptons bien stimuler leur participation auprès des artistes, tout aussi essentiel·le·s à notre société.

Votre contribution est la bienvenue dans cet exaltant virage philanthropique. Les artistes aussi ont tant à faire, dans un monde qui attend leurs couleurs.

Dans l’état actuel de relance, au cœur d’une communauté artistique diversifiée et extrêmement dynamique, les besoins sont grands. Au niveau de la contribution attendue de la part de l’agglomération de Montréal, on estime les investissements nécessaires à 10 % supplémentaires pour les deux prochaines années. Nous savons qu’au sortir de la pandémie, il y aura une hiérarchie de besoins criants. Il faudra continuer de faire preuve de courage et ne pas baisser la garde. Nous croyons que la Ville peut faire une différence significative en posant un geste de soutien ambitieux pour aider les artistes à traverser la crise et à en sortir plus fortes et plus forts. Comme le fédéral et le provincial l’ont fait avec des mesures de soutien ponctuelles, voici une occasion pour Montréal d’agir localement dans ce qui constitue une spécificité incontournable de notre métropole, les arts et la culture.

Notre grand test s’en vient. L’importance que nous accorderons collectivement à nos artistes et à leurs créations, dans un monde qui doit nous survivre, se verra aussi à travers cet outil extraordinaire qui s’appelle le Conseil des arts de Montréal. Nous devrons le renforcer et lui donner les moyens de pleinement accomplir son mandat.

J’aimerais saluer les employé·e·s, les bénévoles et tout le personnel qui travaille d’arrache-pied en ces temps de pandémie. Vous avez su demeurer à l’écoute de votre milieu et des artistes. Le dévouement, le leadership et l’engagement de notre directrice générale Nathalie Maillé nous a aussi gardés à flot. J’ai pu observer comment elle a guidé les troupes à travers cette crise. Je me lance dans l’aventure de cette collaboration avec beaucoup d’enthousiasme et la volonté d’ajouter mon énergie à la sienne.

Voici une adresse toute particulière à nos partenaires. Nous avons la chance de pouvoir compter sur une directrice générale prête à faire des changements et à nous accompagner. Nous avons tout avantage à l’accompagner et à la soutenir à notre tour. Cher·ère·s partenaires, la saison des idées est ouverte et vous êtes les bienvenu·e·s.

Chère collectivité d’artistes, de citoyennes et de citoyens, nous nous trouvons devant une année qui ne dit pas encore son nom, à l’aube d’une quatrième vague. Malgré tout, j’ai confiance que nous aurons l’oreille de la communauté d’affaires, des différentes instances et de la société civile, pour une communauté artistique solidaire et soutenue.

Merci.

BMD