19 mai 2020

Échos de la communauté artistique : le Conseil à l’écoute et à la rencontre d’associations et de regroupements professionnels

Dans une volonté de demeurer au diapason du milieu culturel et ainsi mieux comprendre les impacts de la crise sur les artistes, organismes et collectifs artistiques, le Conseil des arts de Montréal a eu la chance de s’entretenir, le 29 avril dernier, avec une dizaine de représentant.e.s d’associations et de regroupements professionnels.

Cette rencontre riche en discussions a permis de soulever de nombreux défis auxquels sont confronté.e.s des membres des communautés artistiques et culturelles. Voici un résumé des préoccupations, qui vont certainement au-delà de ces quelques lignes, mais dont les bases orienteront assurément les actions du Conseil en collaboration avec le milieu.

La distanciation physique
Cette mesure affecte les artistes, organismes et collectifs artistiques sur plusieurs plans : administratifs, opérationnels, techniques, sanitaires, humains et financiers. En plus des contrecoups de la mesure sur l’accès aux lieux de création, celle-ci entraîne également des enjeux bouleversant l’essence même des œuvres et des langages scéniques. Le milieu s’interroge : quelles seront les mesures à mettre en place pour assurer la sécurité et la santé des publics, des artistes et des travailleur.euse.s culturel.le.s, tout en préservant la capacité de créer?

L’acceptabilité sociale
Le public, les artistes et les travailleur.euse.s culturel.le.s seront-ils disposé.e.s à réintégrer les lieux artistiques et culturels sans vivre dans un climat d’inquiétude et, parfois même, de peur de l’autre? Ensuite, quels moyens seront mis en place pour maintenir ces relations? Enfin, comment s’assurer que, le temps venu, les organismes ou collectifs vivant une situation de précarité aient la capacité humaine et monétaire de présenter une offre culturelle? 

Le numérique et les nouveaux modèles
La période de confinement a également vu émerger une importante diffusion, souvent gratuitement et spontanément, de contenus culturels numériques d’artistes. Cette approche soulève toutefois de nombreuses appréhensions dans les différents milieux. Premièrement, comme l’essence des œuvres et la faisabilité technique de captation varient grandement d’une discipline artistique à une autre, ce modèle ne se traduit pas forcément de manière virtuelle. Deuxièmement, le partage des œuvres sans rémunération augmente le risque de contribuer à la dévaluation du travail des artistes et des travailleur.euse.s culturel.le.s. Il apparaît donc essentiel pour certains de considérer d’autres avenues et, pour les milieux en mesure d’adopter le virage numérique, d’assurer la mise en place d’un modèle rentable d’utilisation et de plateformes de diffusion adaptées.

L’ouverture sur l’autre
Le Conseil a été sollicité pour favoriser les collaborations interculturelles entre les artistes et les citoyens ainsi que, plus que jamais, pour appuyer les questions liées à l’équité et la reconnaissance de la diversité culturelle dans un contexte où un discours raciste moins ouvert sur le soutien de la différence fait son apparition.

Des besoins d’espaces
Dans l’ensemble des disciplines, il est souhaité que le Conseil puisse appuyer des mesures permettant de faciliter les accès sécuritaires à des studios de répétition et de création à travers ses différents réseaux de collaborateurs.